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MIKHAIL LARIONOV

La voie vers l'abstraction

Biographie de
Mikhaïl Larionov
1911

Suite : 1912 »
Nathalie Gontcharova, Portrait de Mikhail Larionov

Nathalie Gontcharova,
Portrait de Mikhail Larionov
et de son ordonnance lors de
son service militaire

1911
Affirmation publique du cubisme à Paris au Salon des Indépendants (printemps) et puis au Salon d’Automne. La problématique du cubisme est d’actualité en Russie à la fin de l’année, essentiellement par l’intermédiaire des frères David et Nicolas Bourliouk qui s’en feront les principaux interprètes et théoriciens sur place. La presse russe suit attentivement l’actualité parisienne, ainsi les artistes russes sont informés quasi simultanément de toutes les nouveautés occidentales. Mikhail Larionov, David Bourliouk et Vladimir Markov entretiennent des relations épistolaires avec Kandinsky qui, à l’époque, avait déjà achevé la rédaction de son traité esthétique « Du spirituel dans l’art » (publié à Noël 1911, mais déjà avec la date de 1912) et préparait avec Franz Marc l’almanach du Cavalier Bleu (Der Blaue Reiter). Une version abrégée de « Du spirituel dans l’art » est donnée en lecture publique par Nikolaï Koubline lors du Premier Congrès Pan-russe des Peintres qui se tient à Saint-Pétersbourg en décembre. Au cours de cette année, Larionov se démarque progressivement des positions esthétiques du groupe « Valet de Carreau » qu’il accuse de rester inféodé à la peinture française. L’esthétique de Larionov s’oriente vers la mise en valeur de la culture populaire russe (le primitivisme), les cultures extra-européennes (art chinois, nègre, etc.) et ce qu’il considère comme courants a-culturels (imagerie populaire - « loubki », art des enfants, images publicitaires, etc.).

Mikhaïl Larionov, Danseuse de cirque

Mikhaïl Larionov,
Danseuse de cirque

La dissidence de Larionov entraîne dans son sillage Natalia Gontcharova, Kazimir Malewicz, Alexeï Morgounov, Vladimir Tatlin, Alexandre Chevtchenko et Georges Le Dantu. En 1913, les deux derniers formeront, avec Larionov et Gontcharova, la cellule de base de la future mouvance rayonniste.

À l’automne, il fonde le groupe « La Queue de l’Âne », dénomination qui s’inspire par dérision du fameux canular monté en 1910 par un groupe de peintres de Montmartre au Salon des Indépendants : il s’agit d’une mystification destinée au journal « Fantasio » qui présenta un faux manifeste « excessiviste » d’un prétendu créateur d’avant-garde dont le nom Boronali avait été forgé à partir du nom de l’âne Aliboron qui appartenait au propriétaire du cabaret montmartrois « Le Lapin agile », établissement que fréquentait la bohème montmartroise (y compris Picasso et ses amis). Réalisée par la queue de l’âne Aliboron, la toile exposée s’intitulait « Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique » et était destinée à tourner en dérision la mode tardo-impressionniste.

Mikhaïl Larionov, Tête de soldat

Mikhaïl Larionov,
Tête de soldat

L’écrivain et critique d’art Sergej Pavlovitch Bobrov sera l’un des premiers à se réclamer de l’association « La Queue de l’Âne ». Le 31 décembre, il présente en public un exposé intitulé « Les bases de la nouvelle peinture russe » où il met en avant certains postulats qu’il désigne comme la base théorique des créations de Larionov et Gontcharova (les bases intuitives de la création, le plan pictural, l’ensemble se trouvant qualifié de « purisme russe »).

L’ancienne dépendance vis-à-vis de l’art français se trouve à ce moment ouvertement rejetée. Quelques mois plus tard, Gontcharova déclarera publiquement, qu’une telle dépendance est hors de question. Elle postule un « retour aux sources nationales ».

À la fin de l’année, Larionov se livre à un bilan et à une réflexion personnelle qui se concrétisent par une exposition d’un jour (le 8/21 décembre) à la Société de Libre Esthétique de Moscou (autre dénomination : Cercle artistique et littéraire). L’exposition se déroule dans l’hôtel particulier de Madame Vostriakova et est accompagnée d’une soirée-débat, consacrée à l’œuvre de Larionov. Cet événement lui conférera, à Moscou, le rôle de leader de l’avant-garde picturale.

Les cent vingt-quatre œuvres présentées retracent l’évolution du peintre depuis 1898 et constituent sa première rétrospective personnelle. Aucune œuvre rayonniste n’y figure, la première œuvre rayonniste de Larionov - « Saucisse et maquereau rayonnistes », aujourd’hui au Musée Ludwig de Cologne - sera présentée à Saint-Pétersbourg le 17 décembre de la même année au quatrième salon de l’« Union de la jeunesse ». À cette exposition figure aussi la toile « Portrait d’un imbécile » œuvre rayonniste de style mais non de dénomination.

 

Mikhaïl Larionov, Beauté provinciale

Mikhaïl Larionov,
Beauté provinciale.
À droite,signature de
Mikhaïl Larionov.

Signature de Mikhaïl Larionov
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