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MIKHAIL LARIONOV

La voie vers l'abstraction

Biographie de
Mikhaïl Larionov
1913

Suite : 1914 »

Catalogue de l'exposition
« La Cible » 

Image d'Épinal

1913
Mars-Avril : Exposition annuelle du groupe de Larionov intitulé : « La Cible » : y participent entre autres Chagall, Le Dantu, Malewicz (œuvres cubo-futuristes), Chevtchenko, Cyril Zdanévitch. Larionov expose des œuvres primitivistes parmi lesquelles se trouve la série des « Saisons » ainsi que quelques œuvres rayonnistes. Gontcharova présente plus d’œuvres rayonnistes que Larionov. L’exposition inclut pour la première fois des œuvres de Niko Pirosmanishvili, primitif géorgien que Larionov met en scène tel un « Douanier Rousseau » russe.

Parallèlement à cette exposition, Larionov organise à Moscou une exposition d’icônes et d’images populaires où, en plus d’œuvres russes, sont exposées, des miniatures persanes, des images populaires chinoises, des gravures japonaises, des images d’Épinal françaises et autres. La plupart provient de la collection personnelle de Larionov qui rédige aussi l’introduction au catalogue.

La plaquette « Le Rayonnisme »

Au mois d’avril 1913, il publie sous la forme d’une plaquette le manifeste « Rayonnisme » qu’il prétend avoir rédigé au cours de l’été 1912. Cette pratique de rétrodatation fait partie des manipulations « avant-gardistes » que Larionov pratique tout au long de sa vie.

L’année suivante des  extraits de ce texte seront publiés en français par la revue parisienne Montjoie ! coïncidant ainsi avec l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Paul Guillaume (en juin 1914).

La première monographie consacrée à l’œuvre de Larionov (et à celle de Gontcharova) est publiée à Moscou dans une édition limitée à 525 exemplaires. L’ouvrage, rédigé par le futuriste Ilya Zdanévitch (Iliazd) est richement illustré par des lithographies originales ; il comporte en outre de nombreuses illustrations de tableaux, ainsi qu’un catalogue sommaire de l’œuvre du peintre. Certaines datations déjà approximatives entraîneront à partir de ce moment des erreurs qui perdureront jusqu’à la mort de l’artiste.

Juillet : Parution de l’anthologie : « La Queue de l’Âne et la Cible » contenant une nouvelle version du manifeste « Rayonnisme ». Y figurent aussi de nombreuses illustrations de peintures rayonnistes dont certaines sont dues aux élèves de Larionov (Sergei Romanovitch,  Yasinski, Viatcheslav Levkievski, et autres). Larionov publie des textes sous les pseudonymes de Parkine et Khoudiakov.

L’anthologie débute par un nouveau manifeste des « Rayonnistes et Aveniriens ». Ce texte avait apparemment le but de constituer une sorte de contrepoids au manifeste futuriste « Une gifle au goût public », publié à Moscou par le groupe de Bourliouk à la fin de l’année 1912. À partir de ce moment Larionov engage une lutte ouverte avec les autres groupes futuristes. Il tend à s’affirmer comme le seul – vrai – futuriste russe. Ainsi, il s’oppose aux initiatives du groupe pétersbourgeois « Union de la jeunesse » et personnellement à Malewicz, ce dont témoigne la correspondance de Malewicz avec le secrétaire de l’association pétersbourgeoise (automne 1913), et le désistement de Larionov des soirées publiques organisées par l’ « Union de la jeunesse » à Saint-Pétersbourg au printemps 1913. Le « rayonnisme » de Larionov se distancie à partir de ce moment surtout des recherches de Malewicz qui apparaît comme le chef de file de la mouvance cubo-futuriste et transrationnelle.

Portrait de Vladimir Tatlin

Mikhaïl Larionov
Portrait de Vladimir Tatlin

Septembre : Larionov expose plusieurs œuvres au premier « Salon d’Automne » (Erste deutsher Herbstsalon) organisée par Herwarth Walden, le directeur de la revue Der Sturm et propriétaire de la galerie du même nom. À Berlin, son œuvre attire l’intérêt de certains expressionnistes allemands. Dans une lettre à Kandinsky, Franz Marc émet une opinion mitigée, sinon négative sur l’œuvre du peintre moscovite. Walden s’intéresse néanmoins vivement à l’avant-garde russe et projette plusieurs expositions monographiques dont une serait consacrée à Larionov. Programmée pour la saison 1914-1915, cette exposition ne pourra pas avoir lieu à cause de la déclaration de guerre.

Octobre : Larionov envoie une œuvre de la série des soldats à Londres à la « Second Post Impressionist Exhibition ». Organisée par Roger Fry, celle-ci se tient aux Grafton Galleries.

Fin de l’année : Il peint la première conséquente série de tableaux rayonnistes.
Octobre : Devant les projets de spectacles théâtraux de l’« Union de la Jeunesse » (mise en scène de la pièce « Tragédie » de Maïakovski avec les décors de Pavel Filonov et celle de Kroutchenykh « Victoire sur le soleil » avec des décors de Malewicz) Larionov annonce à Moscou des projets théâtraux dont il aurait été le seul auteur. Ces projets ne seront pas réalisés.

Décembre : Servant d’intermédiaire aux organisateurs d’expositions, Larionov entre en contact épistolaire avec Sonia et Robert Delaunay et propose à Robert Delaunay de réserver plusieurs salles à ses œuvres dans le cadre de la prochaine exposition annuelle de son groupe rayonniste. Larionov envisage à ce moment d’organiser une fois de plus un grand salon où seront présentées les nouvelles tendances occidentales et russes. Il se lance dans des projets d’exposition de Picasso, d’art nègre et d’autres.

Noël : avec son ami et biographe, le poète transrationnel Ilia Zdanevitch, il publie dans le journal « Argus » le manifeste futuriste « Pourquoi nous nous peignons ».

Tels des « tableaux vivants » Larionov et ses amis sortent dans la rue le visage couvert de peinture futuriste (rayonniste).

 

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