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MIKHAIL LARIONOV

La voie vers l'abstraction

Post-Scriptum

Post scriptum : … ainsi écrit-on l’histoire.

Au début de l’année 1997, les éditions parisiennes « La bibliothèque des arts », appartenant de facto à F. Daulte, publiaient François Daulte - Entretiens avec Frank Bridel, plaquette hagiographique destinée à rehausser la réputation de François Daulte. Là, il est question de ses nombreux « exploits » d'historien d'art, connaisseur et expert, mais à aucun moment le sujet de Larionov n'est mentionné. On conclurait que le sujet avait changé de registre…

Le 18 avril 1998, François Daulte mourait à Lausanne. Plusieurs articles fort élogieux furent publiés par la presse genevoise. Peu après allait éclater le scandale de l’héritage d’Anne-Marie Rouart (morte à Paris en décembre 1993) : vingt-quatre tableaux qui avaient auparavant « disparus » de l’inventaire d’une des héritières de Manet furent « découverts » dans les coffres suisses de François Daulte. Ces œuvres ont été par la suite restituées à l’Institut de France, institution à laquelle elles étaient destinées dans le testament Rouart1 .

En suivant fidèlement la ligne diffamatoire tracée par François Daulte le Musée d’Art et d’histoire de Genève et en particulier son directeur Cäsar Menz, qui en 1994 a remplacé Claude Lapaire, s’est rangé dans le camp de l’accusation aveugle et non moins arrogante et n’a jamais répondu à mes lettres ouvertes de 1995. Sa gouvernance qualifiée d’ « arbitraire » et même « féodale » par la presse locale a conduit à la démission du directeur en 2009, car son action a été jugée un « échec » et que celle-ci a été « désavouée » par un « audit dévastateur »2 . Je conclurais en guise de consolation que tôt ou tard la Dame Histoire se charge de faire le ménage…

Quant à la plainte des héritiers d’Alexandra Tomiline-Larionov, elle s’enlisa une fois de plus dans des procédures juridiques compliquées et resta par la suite suspendue en raison de la mort des neveux de la veuve. Le dépôt de cette plainte à Paris eut néanmoins un résultat inattendu… à Moscou, l’annulation en 1997 d’un projet d’exposition muséale où figurait un bon nombre d’œuvres, « disparues » de la succession parisienne.

 

1

« Où sont passé les trois Manet ? » Le Figaro du 18 avril 1997. L’affaite de cet héritage détourné a été reprise par d’autres journaux dont : The Art Newspaper n° 100 de février 2000, 24 Heures, Lausanne du 2 juillet 2000, Le Figaro du 16 juin 2000 Libération du 29 juin 2000. Voir la suite dans J.M. Tasset « Coup de théâtre dans la succession Rouart. Des Degas, Manet, Corot retrouvés (y compris la 1ère page). Le Figaro du 07 décembre 1999, p. 34 et page 1. La nouvelle fera le tour de la presse française, suisse (« L’étrange silence de François Daulte » in 24 heures, Genève le 1-2 juillet 2000) et mondiale (cf. The Times du 8 décembre 1999, The Art Newspaper n° 100, Londres, February 2000). Cette affaire allait connaître à l’époque un dénouement par la remise des tableaux à l’Institut de France, c’est-à-dire au Musée Marmottant. Voir Le Figaro du 16 juin 2000 où les faits ont été présentés sous le titre « Scandale - Succession Rouart : le dénouement » (p. 28). La presse française repris dans son ensemble les révélations du Figaro (cf. par exemple Libération du 29 juin 2000).

Tout récemment le scandale des œuvres « disparues » allait rebondir faisant venir de nouveau à la lumière du jour le nom de François Daulte, cf. « Le trésor sulfureux des Wildenstein », Le Point, n° 2003, Paris le 3 février 2011, p. 81-82 et Harry Bellet, « La police a saisi des œuvres « disparues ou volées » à l’Institut Wildenstein, Le Monde du 3 février 2011 et Béatrice Rochebouet « L’affaire qui secoue le mode de l’art » in Le Figaro du 10 février 2011, p. 27-28 et Yves Rouart « Le tableau de ma tante dans le coffre des Wildenstein ! ». (interview avec) in Point de vue n° 3265, Paris, 16 février 2011, p. 30-32.

2

Voir l’article « Musées de Genève : un audit dévastateur » dans Le Temps, Genève le 8 mai 2009 et aussi La Tribune de Genève du même 8 mai 2009.

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